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 une autre nouvelle, sans rapport aucun avec warhammerVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Vivelesp
Invité




MessageSujet: une autre nouvelle, sans rapport aucun avec warhammer   Jeu 20 Avr - 17:22

En fait ce texte est tout autant un exercice de style qu'une nouvelle à proprement parler.




Regrets


Paris,1830. Dans la soirée du 12 au 13 décembre.

Antoine Grulaut remontait à pas pressés la rue St Albert, silhouette courbée sous les trombes d’eau et les rafales de vent glacial. Il était pressé de rentrer chez lui après une rude journée de labeur. Non pas qu’il fut maçon ou ouvrier ; il était banquier. Banquier, âgé de cinquante cinq ans environ, peut être soixante, il était malgré tout encore bel homme : grand, le front droit, ses yeux bleus sales brillaient étrangement sous ses arcades ; ses cheveux et sa moustache étaient d’un blanc éclatant. Son visage aux traits anguleux commençait à se rider, et sa taille s’épaississait peu à peu à force d’inaction et de nourriture, et il avait pris avec l’âge l’habitude de fumer des cigares au moins autant démesurés que malodorants, dont l’odeur imprégnait toute sa personne. Il était vêtu d’un long imperméable noir, ruisselant d’eau, d’un feutre noir, trempé lui aussi, et qui laissait à intervalles réguliers couler en cascade la pluie accumulée sur ses larges épaules. Ses chaussures étaient également noires et imbibées. Il reniflait constamment, et rechignait pourtant à sortir un mouchoir de sa poche car sa main se mouillerait alors elle aussi.
Il était riche. Il pensait à son travail en permanence, à chaque seconde de la journée, et même durant la nuit ; il en rêvait. Sa banque était sa raison de vivre, et il n’éprouvait que du mépris envers ceux qui n’aimaient pas leur gagne-pain, ou pis encore, ceux qui ne travaillaient pas. Il avait pourtant une famille : deux enfants, dont il connaissait tout juste les noms, et une femme, Marie, créature maladive et taciturne, qu’il avait épousé sur un coup de tête, et pour laquelle il n’éprouvait désormais plus rien. D’ailleurs, avait-il jamais eu quelques sentiments pour cette femme? Non, probablement pas. Il n’avait eu tout au cours de sa vie de passion que pour sa banque. Et pour lui-même.

Il avançait donc rapidement, la tête rentrée dans ses épaules, la mâchoire contractée par le froid. Il distinguait avec peine ce qui l’entourait, tant la lueur jaunâtre diffusée par les lampes à gaz était rendue diffuse par les rideaux d’eau qui s’abattaient sans discontinuer sur Paris. Il pleuvait ainsi depuis Novembre, et nous étions le 12 décembre. Un mois que durait ce temps, un mois que la Seine était en crue.
Les mains dans les poches, il palpait à tout instant son porte-feuille, gonflé comme une outre par l’argent qu’il contenait.
Engoncé dans son imperméable, il pensait :
« Maudite pluie. Et pas un seul fiacre en vue. Mais dans un quart d’heure, vingt minutes tout au plus je serais chez moi , à l’abri. Quand je pense à ces misérables crevards sans logis ni nourriture !Mais c’est de leur faute, après tout. Je suis parti du même point qu’eux, mais je me suis élevé dans la société à la seule force de mon poignet. Non pas que ce fut facile. Oh non! Il m’a fallut faire preuve de persévérance ; mais il ne tient qu’à eux de faire pareil.»
Il ponctua sa pensée d’un reniflement sonore.
Un couple serré sous un parapluie passa silencieusement près de lui, sans un mot.
« Bon demain, je dois signer ce contrat avec Mr Truval, et si cela se passe bien, cela devrait rapporter gros à l’entreprise. Zut ! », pensa-t-il en fronçant les sourcils. « J’avais promis aux gosses de les emmener au square. Et bien tant pis, ce sera pour un autre jour. Le travail passe avant tout, et j’ai autre chose à faire que de promener ces gamins... ».
Le martèlement de ses chaussures contre le sol pavé se répercutait bruyamment le long de la rue. Soudain, il distingua une forme sombre et massive se précipiter sur lui. Il eut à peine le temps de faire un bond de côté pour éviter le fiacre qui lui fonçait dessus. Se retournant brutalement, il hurla à l’adresse du chauffeur :
« Ecraseur ! ‘pourriez pas faire attention, espèce de soûlard! »Il ramassa d’un geste rageur son couvre-chef tombé à terre et le replaça sur son crâne bien que totalement trempé, puis il se remit à marcher, maussade, se perdant en invectives à l’encontre des cochers, vagabonds et des étrangers ; il éprouvait le besoin de gronder à l’égard de ces personnes là, qui étaient toujours, d’une manière ou d’une autre, impliqués dans ses malheurs.

Il s’était remis en marche depuis cinq minutes environ quand une ombre se désolidarisa d’une façade de maison à sa droite, et avança droit sur Antoine pour s’arrêter à quelques mètres de lui. Elle hurla, le pointant du doigt :
« Eh, l’Aristo! Arrête-toi de suite et donne-moi tout ton fric! Sinon… »
Sa voix était atrocement roque et grinçante. Antoine s’arrêta et le détailla calmement, sur de sa supériorité. L’autre était famélique, ses habits étaient en haillons, et il semblait à peine capable de tenir sur ses jambes tremblantes. Ses cheveux sales et emmêlés tombaient de chaque côtés de son visage creusé de cadavre, à demi éclairé par une lampe à gaz avoisinante. Antoine se dit qu’il n’aurait certainement aucun mal à distancer ce moribond à la course ; mais l’autre dût deviner sa pensée car il leva à ce moment son bras droit dans la direction d’Antoine. La lumière blafarde de la lune se reflétait sinistrement sur le canon de l’arme qu’il serrait dans sa main.
A cette vue, Antoine fit volte face et se mit à courir en zigzagant dans la rue. La peur lui nouait les entrailles, l’empêchant de hurler. Une peur animale, irrépressible. Son esprit était dominé par cette seule idée : s’enfuir, mettre le plus de distance possible entre lui et l’arme à feu qui le visait. Il était envahi par la terreur la plus absolue, la plus violente qu’un homme puisse ressentir ; il voulait échapper à la mort coûte que coûte et il aurait donné toute sa fortune, sa maison, sa famille et ses amis pour cela. Il ne pensait pas. Il ne pensait plus. Son cerveau fonctionnait comme au ralenti, contrairement à ses jambes.
Obéissant à une impulsion soudaine, il jeta un coup d’œil par dessus son épaule, juste à temps pour entrapercevoir un léger panache de fumée blanche s’échapper du fut du revolver. La détonation explosa à ses oreilles, puis il entendit le bruit mat d’une balle perforant les chairs. Sa chair. Il ressentit simultanément une douleur terrifiante entre ses omoplates. Il trébucha, s’effondra lourdement sur les pavés de la rue, face contre terre, haletant ;la douleur qui lui vrillait les nerfs était telle qu’il ne pouvait pas même hurler.
Il entendit l’autre s’approcher de lui, comme à travers de l’ouate, et sentit confusément qu’on le retournait sur le dos pour le fouiller, puis plus rien. Rien, mis à part le crépitement de la pluie sur le sol. Il était seul avec l’obscurité, seul avec à lui-même. Il n’essaya même pas de se relever. Etalé de tout son long dans l’eau, le souffle rauque, il regardait par ses yeux entrouverts la pluie tomber sur lui. Il distinguait entre les nuage le halo diffus de la Lune . Chose étrange que de penser qu’à ce moment même, des dizaines d’autres personnes regardaient cet astre, et le voyaient comme lui… Non, pas tout à fait car elles ne le voyaient pas pour la dernière foi, alors que lui…
Sa vision se voilait peu à peu. Il ne ressentait plus de douleur, seulement de la peine. Il eut soudain l’intuition d’avoir raté sa vie… Un peu tard.
Ses yeux se fermèrent, et les ténèbres environnantes s’insinuèrent en lui.
Mr Truval l’attendrait bien inutilement demain…





Héhé vous en pensez quoi?

:elephant:


Dernière édition par le Jeu 20 Avr - 19:43, édité 3 fois
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Big Bubba
Émissaire de Gork
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MessageSujet: Re: une autre nouvelle, sans rapport aucun avec warhammer   Jeu 20 Avr - 18:24

Ben dit-donc... C'est que tu n'as pas que du talent pour peindre...

J'aime beaucoup... Rien à redire... Le style, l'histoire, déroulement, dénouement... Tout me plait!
_________________
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Pakacuti
Invité




MessageSujet: Re: une autre nouvelle, sans rapport aucun avec warhammer   Ven 21 Avr - 6:38

...
parfait
...
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Vivelesp
Invité




MessageSujet: Re: une autre nouvelle, sans rapport aucun avec warhammer   Mer 26 Avr - 8:28

Merciiiiiiiiiiiiiii!!!!! Sa fait TRES plaisir!!
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Kassgeul
Invité




MessageSujet: Re: une autre nouvelle, sans rapport aucun avec warhammer   Mer 26 Avr - 9:01

Super !
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Pakacuti
Invité




MessageSujet: Re: une autre nouvelle, sans rapport aucun avec warhammer   Mer 26 Avr - 12:54

Je vien de relire l'histoire et je me rend de plus en plus compte que je n'ai aucun talent d'écrivain

2000 MESSAGES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!YAHOU!!!!!
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